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                                 COMMEMORATION DU 8 MAI 1945

à Rouffiac, le 8 mai 2007

Le Peloton en marche vers le monument aux morts


Dépôt de gerbe


Les honneurs militaires sont rendus par un détachement de l'Armée de l'Air de la base-école de SAINTES-PABAN.


L'appel


Recueillement pendant la s
onnerie aux morts


Lecture, par Mr Le Maire, du message du Ministre des Anciens Combattants,


suivi d'un hommage aux héros de l'Armée des Ombres :

Au message du Ministre délégué aux Anciens Combattants, ce matin, devant le monument aux morts de Rouffiac, j’ajouterai le souvenir de ce jour qui est marqué au plus profond de ma mémoire.
Pour bon nombre de nos concitoyens qui ont connu la sombre période de notre histoire que fut la 2nde guerre mondiale, le 8 mai 1945 marque la fin d’un cauchemar, le retour à la liberté et la délivrance du joug de l’oppresseur.
Ce retour à la liberté, la France le doit à ceux qui ont combattu et souffert pour elle :

  • Aux soldats alliés qui sont venus donner leur vie sur les plages de Normandie pour nous redonner notre liberté et notre fierté,

  • Aux Forces Françaises Libres qui ont répondu à l’appel du 18 juin 1940,

  • À ceux de l’Armée Française reconstituée en Afrique et qui se sont battus au côté des Alliés,

  • À nos frères d’armes d’Afrique, de Madagascar et d’Indochine qui ont illustré le drapeau de la France,

  • À ceux de la Résistance qui surent porter des coups sévères à l’ennemi et créer ce front de l’intérieur.

Je souhaiterais rendre un hommage tout particulier aux résistants français qui constituaient l’Armée de Ombres.
Le 14 mars 2007, disparaissait Lucie AUBRAC, une des grandes figures de la Résistance Française. Cette femme, par son courage et sa ténacité, a su dire NON à l’oppresseur.
Comme chacun sait, son mari Raymond AUBRAC fut arrêté à Calluire en 1943 par la Gestapo en même temps que Jean MOULIN.
Raymond Aubrac est emprisonné à la prison de Lyon. Refusant de laisser son mari aux mains des bourreaux nazis, Lucie Aubrac monte une opération armée pour le libérer. Elle alla voir plusieurs fois, le 28 ou 29 juin et en septembre 1943, en personne, le chef de la Gestapo à Lyon, Klaus BARBIE, et le pria de la laisser voir son prétendu fiancé dont elle était enceinte et d’autoriser leur mariage en prison. Lors de cette visite, elle lui fit parvenir les plans de l’évasion. C’est pendant un transfert, le 21 octobre 1943, que Lucie Aubrac et ses compagnons attaquèrent, boulevard des Hirondelles, le camion allemand dans lequel se trouvaient quatorze résistants dont son mari. Quatre Allemands furent tués pendant l’attaque et les résistants parvinrent à s’évader.
Ce fait d’armes témoigne du courage et de l’héroïsme dont ont fait preuve ces hommes et ces femmes qui, sans expérience de la chose militaire, des armes et du renseignement, vont, sans relâche, harceler l’ennemi de l’intérieur et préparer ainsi l’arrivée des Alliés.
Ces personnes illustres ou inconnues ont su trouver au fond d’elles-mêmes l’audace et la force de ne pas se résigner. Ils ont vaincu la peur qui «tenaille» tout être humain à l’approche du danger. On ne naît pas héros, on le devient. Beaucoup ont donné leur vie au nom de la liberté. Malheureusement, les monuments aux morts de nos villages ne gardent pas toujours la trace de leurs noms. Ils ont pourtant droit aussi aux honneurs de la Nation et à la reconnaissance du pays tout entier.
Lucie Aubrac, qui s’est éteinte cette année, a reçu les honneurs militaires aux Invalides.
Je pense qu’avec elle, ce sont tous les résistants qui ont été honorés, devant lesquels le drapeau tricolore s’est incliné et pour lesquels la sonnerie aux morts a retenti.
La résistance est un élément important de la mémoire collective et c’est un élément valeureux, même si chacun sait que l’Histoire d’un pays et d’un peuple est faite d’ombre et de lumière.
On dit souvent qu’avec le temps, on oublie et que les jeunes générations ne se sentent plus concernées par l’Histoire de leurs Aînés.
Lucie Aubrac a, tout au long de sa vie, été à la rencontre des enfants dans les écoles pour témoigner et pour que l’on n’oublie pas.
Récemment, un professeur d’histoire a emmené ses élèves à Verdun à l’occasion du 90ème anniversaire de cette bataille. Ces jeunes, pas forcément motivés au départ, ont pu se rendre compte in situ de ce qu’avaient enduré nos soldats qui étaient à peine plus âgés qu’eux.
Ils ont retrouvé les noms de soldats de leurs villages qui avaient été oubliés sur les monuments aux morts et ont permis que soit réparée cette injustice. C’est aussi une belle histoire sur le lien qui doit perdurer entre les générations.
Mesdames, Messieurs, je vous invite avec vos enfants et petits enfants à entretenir ce devoir de mémoire qui ne doit jamais s’éteindre.
Je vous remercie de votre attention et vous invite à venir prendre le verre de l’amitié à l’Espace Saintonge.



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