Il y
a aujourd’hui
90 ans, le 11 novembre 1918 à 11 heures, les clairons
sonnaient le cessez-le-feu tout au long de la ligne de front, mettant
un terme aux combats meurtriers de la Première Guerre
mondiale. Exténuée par quatre années de
souffrances, de deuils et de privations, la Nation toute entière
laissait éclater sa joie.
Le 11 novembre 1918,
la foule est en liesse dans la capitale. Au front, le canon s’est
tu pour laisser place à un silence assourdissant.
Incrédules,
les combattants peinent à réaliser qu’à cet
instant précis s’achève leur long cortège de
souffrances.
Avec la joie des
vainqueurs, contraste également la tristesse de tous ceux qui
célèbrent cette victoire dans la douleur causée
par la perte d’un proche. Pour les centaines de milliers de veuves
et d’orphelins de cette Grande Guerre, le deuil succède au
silence des armes.
A Paris, le 11
novembre, la Chambre et le Sénat font un triomphe à
Clemenceau, l’homme qui incarne ce jour là la victoire,
l’homme qui a personnifié la France mieux que quiconque aux
yeux de tout un pays. Alors que le canon tonne dans le ciel de la
capitale, les parlementaires, émus jusqu’aux larmes,
entament en choeur la Marseillaise.
Après leur
avoir lu les conditions d’armistice, le "Tigre" s’adresse
à eux : "Au nom du peuple Français, au nom du
gouvernement de la République Française, j’adresse le
salut de la France une et indivisible à l’Alsace et à
la Lorraine".
Aux yeux de tous, la
France a été durant quatre années le champ de
bataille de l’Europe et du monde. Dans la boue des tranchées,
sous une pluie incessante de fer et de feu, sur des lignes de front
désespérément immobiles, les hommes ont connu
pour la première fois la mort de masse. Des forts de Verdun
aux champs de bataille de la Somme, des plaines d’Artois aux
montagnes du front d’Orient, sur terre, sur mer et pour la
première
fois dans les airs, les hommes sont venus mourir de tous les
continents.
Au poids des
destructions matérielles vient s’ajouter le fardeau de la
paix. Le soir du 11 novembre, Clemenceau s’est adressé à
ses proches : "nous avons gagné la guerre, mais
maintenant il va falloir gagner la paix". Une tâche
écrasante attend les nations Alliées. Réunies
à
Paris durant six mois, elles tenteront de refaçonner le monde,
inspirées par les grands principes du Président Wilson.
En 1918, les quatre
années de guerre ont changé l’histoire du monde,
laissant une Europe divisée et durablement affaiblie, une
Europe qui marque le pas et dont la prééminence sur la
scène internationale est remise en cause. Il faudra
l’échec
de la Société Des Nations, les affres de la Grande
Dépression et l’abîme de la Seconde Guerre mondiale
pour finalement établir les fondations d’un monde de paix et
de droit. Ces tentatives successives, infructueuses, donneront
naissance à l’idée européenne, enfantée
par le drame de la Première Guerre mondiale.
Aujourd’hui, 90
ans après la fin de ces terribles événements, la
France se souvient du sacrifice de ses enfants et n’oublie pas
celui de tous les hommes venus d’ailleurs pour mourir sur notre
sol.
La France se
souvient et honore avec respect et gratitude le sacrifice de ses
Alliés britanniques et de tous les pays du Commonwealth.
La France se
souvient et salue l’engagement fraternel des tirailleurs de la
"Force Noire", venus de toute l’Afrique, à côté
des combattants d’Afrique du Nord et d’Indochine.
La France se
souvient des travailleurs venus de Chine pour contribuer à
l’effort de guerre des nations Alliées.
La France se
souvient et n’oublie pas l’engagement passionné des deux
millions de combattants venus des Etats-Unis d’Amérique.
La France se
souvient et rend hommage à tous les belligérants
européens, alliés de toujours et ennemis d’hier,
aujourd’hui réconciliés dans une Europe en paix
autour de l’héritage commun du souvenir de la Grande Guerre.
Aujourd’hui, en ce
11 novembre 2008, la communauté nationale se retrouve dans
toutes les communes de France autour des monuments aux morts.
Alors que s’en est
allé Lazare Ponticelli, dernier représentant de la
génération sacrée des Poilus, nous entrons dans
le temps de l’Histoire, un temps où nous contemplons
désormais ces événements du passé sans le
regard des derniers témoins.
Honorons le souvenir
et la mémoire de tous les morts de la Grande Guerre,
transmettons cet héritage sacré et douloureux aux
jeunes générations.
Jean-Marie Bockel
suivi d'un message plus personnel du premier magistrat de la commune

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