ROUFFIAC
Commémoration
du
11 novembre 1918
Comme
à l’accoutumée, les rouffiacais se
sont
réunis nombreux avec leurs élus devant le monument aux
morts pour rendre hommage aux soldats tombés au champ
d’honneur, avec une pensée particulière pour ceux qui
étaient originaires de Rouffiac.
Les honneurs militaires ont été rendus par un peloton de
l'Armée de l'Air détaché par le Colonel commandant
l'EETAA de la Base-Ecole de SAINTES-PABAN.
Après le dépôt de la gerbe,

l'appel,
la sonnerie aux morts,

et le recueillement devant le monument,
Lecture, par Mr Le Maire, du message du Ministre des Anciens
Combattants :
MESSAGE
DU 11 NOVEMBRE 2006
Année
après année, la France se souvient des combattants de
la Première Guerre mondiale. Avec émotion, chaque 11
novembre, la Nation se remémore les sacrifices qu'ils ont
consentis pour remporter une victoire inoubliable.
Aujourd'hui,
88 ans après l'Armistice de Rethondes, devant tous les
monuments aux morts, nos premières pensées vont vers
ceux qui sont tombés au champ d'honneur. Ils ont hautement
mérité notre reconnaissance éternelle.
Nous
pensons aux innombrables blessés, aux mutilés, aux
gazés, aux « gueules cassées », aux
prisonniers et aux expulsés ainsi qu'aux veuves et aux
orphelins et à toutes les victimes civiles et militaires.
En cette
Journée nationale, notre attention se porte également
vers nos derniers « Poilus », témoins de ces
combats sans merci et de ces événements qui allaient si
profondément marquer le cours de l'Histoire. Notre affection
et notre respect leur sont acquis.
Cette
année, la République a rendu un hommage plus
particulier aux héros et aux martyrs des batailles de Verdun
et de la Somme. 90 ans plus tard, nous ne pouvons oublier ces
millions d'hommes, de toutes origines, qui prirent part à des
combats terrifiants. Leur patriotisme, leur courage, leur
abnégation
nous obligent. Ils ont leur place pour toujours dans la mémoire
nationale.
A nos
alliés dans cette grande et cruelle épreuve, nous
renouvelons l'expression de notre profonde gratitude. Avec nos
ennemis d'alors, devenus nos amis indéfectibles, nous mesurons
l'importance du chemin parcouru sur la voie de la paix.
Que
l'évocation de ces temps de déchirements et de deuils
renforce notre détermination à oeuvrer sans relâche
pour conforter la réconciliation entre les nations de notre
continent. Nous ferons ainsi rayonner les idéaux de
liberté,
d'égalité et de fraternité pour lesquels se
battaient les soldats victorieux de la Grande Guerre.
Hamlaoui
MEKACHERA
|
avant de rendre hommage aux poilus de Rouffiac et de Verdun
insistant sur le fait qu’il n’y aurait

bientôt
plus de survivants, mais qu'ils devraient rester à jamais dans
notre mémoire.
90e
ANNIVERSAIRE DE LA BATAILLE DE VERDUN
ROUFFIAC
SE SOUVIENT
Après
avoir entendu le message du Secrétaire d'Etat aux Anciens
Combattants, je souhaite rendre hommage aux poilus de Rouffiac dont
les noms sont gravés sur notre monument "aux morts"
pour la France.
Le
16 février 2006, j'ai assisté, sur la Base
Aérienne
de Saintes-Paban à la commémoration de cette bataille.
J'ai été particulièrement touché par
l'allocution du Capitaine Philippe VALENTIN commandant le Centre de
Formation Militaire Elémentaire.
Cet
officier étudie particulièrement cette période
de notre histoire, je vais donc vous livrer ce matin ce qu'il a
retenu de cette période et plus particulièrement de la
bataille de Verdun. Je le cite :
VERDUN
Verdun
! Un nom
qui résonne,
comme un cri tragique, dans la mémoire. Sur cette terre les
fils d'Allemagne et de France, par centaines de milliers, se sont
infligés d'indicibles souffrances dans un combat de rats.
Maurice Genevoix, l'un d'entre eux, l'a si bien exprimé
rappelant que « ce que nous avons fait, c'est plus qu'on ne
pouvait demander à des hommes. Et nous l'avons fait ! »
Lorsque
j'évoque Verdun,
c'est toujours avec une réelle émotion que je pense
à
M. Paul Vallier. Il était artilleur, sur le fameux « 75
» au 2eme régiment d'artillerie de campagne
de Grenoble. Un jour que nous parlions de l'immense bataille me
montrant une photographie il me dit, les yeux pleins de larmes :
«
tu vois, eux les fantassins c'était des martyrs ! Mon Dieu
comme ils ont souffert, personne ne pourra jamais le savoir ! »
Je
suis
allé à
Verdun. Ce que j'avais imaginé à travers les
récits
que j'avais lus, je l'ai trouvé. Certes le canon s'est tu, les
bois ont repoussé, mais il suffit de se baisser pour trouver
sous une faible couche d'humus les traces que le terrain conserve.
Combien de fois ai-je retrouvé des ustensiles de toutes
sortes, des vestiges d'équipement divers, français ou
allemands, souvent aussi les restes de ceux qui tombèrent ici.
Je m'arrêtais alors un instant, songeant à ces vies
brisées, à ces familles détruites et il me
semblait parfois entendre leurs voix dans un appel lointain, qui
paraissait supplier : « toi qui est là aujourd'hui, vois
comme la guerre est hideuse, vois la souffrance des corps et des
âmes
mais surtout n'oublie pas, ne nous oublie pas ! »
J'ai
compris ce
que signifiait «
on va à Verdun, puis on y retourne comme attiré ».
Je n'ai pu me défendre de cette fascination décrite par
Georges Blond dans son Verdun. Et je suis retourné moi aussi
à
Verdun. Parce que Verdun fait partie de ma vie, parce que j'y ai
perçu toute l'horreur de la guerre. Mais aussi parce que la
paix revenue, ce lieu de mémoire dirions nous aujourd'hui est
sublime par ce qu'il a de tragique et de beau en même temps
dans sa grande simplicité. Que celui qui est allé
à
Verdun me dise le contraire.
Un jour que je
visitai l'ancien
champ de bataille en 1993, il me vint ces vers. Je les ai écrits
pour que l'on se souvienne et que l'on fasse mentir Roland
Dorgelès.
Non, nous ne vous oublierons pas. Vous ne mourrez pas une
deuxième
fois par l'indifférence
Plus jamais ça
Longtemps, bien longtemps j'ai
marché comme saisi,
Dans les bois, sur la terre,
à
jamais meurtris.
J'ai suivi la tranchée
où naguère,
fourbus,
Vous
priâtes dans l'ombre pour un jour de plus.
Parfois, me baissant
là
dans un pieux geste,
Je
recueillais de vous quelques pauvres restes.
Alors j'ai ressenti le souffle
de l'enfer,
J'ai
vu vos corps tomber sous le feu et le fer.
J'ai
lu sur vos visages
l'atroce douleur,
Entendu
dans le fracas vos cris
de terreur.
Un
geai dans un arbre
simplement a chanté,
Et
de ces temps anciens, m'a
ainsi rappelé.
Comme un vœu, un espoir
«
Plus jamais ça » dirent ils
Combattons
dans leur
paix les haines inutiles
Ravin des fontaines dit
«
de la mort », juillet 1993
Pour clore cette manifestation, un vin
d’honneur a
été servi aux participants à l’Espace
Saintonge.

|